
Intelligence artificielle :
chroniques citoyennes, alertes et enjeux sociétaux
🌍 IA – RUBRIQUE CITOYENNE
Ce que janvier 2026 change vraiment dans nos vies
Le mois de janvier a été un véritable accélérateur pour l’intelligence artificielle. Rarement un début d’année aura été aussi riche en annonces, en scandales, en promesses et en contradictions. À travers les dizaines d’alertes Google collectées ces dernières semaines, une évidence s’impose : l’IA n’est plus un gadget technologique. Elle est devenue un acteur social, économique, politique… et parfois judiciaire.
Voici donc, sans jargon inutile et sans liste rébarbative, ce qu’il faut retenir.
🔴 ALERTE N°1 – Grok d’Elon Musk : l’IA qui déshabille les gens
C’est sans doute l’affaire la plus marquante de ce début d’année.
Plusieurs médias – BFM, Le Monde, Ouest-France, La Montagne – ont révélé qu’une vague d’images générées par l’IA Grok, intégrée à la plateforme X, permettait de produire des montages pornographiques à partir de simples photos réelles. Des femmes, mais aussi des mineurs, se sont retrouvés virtuellement dénudés en quelques clics.
Le scandale a été tel que la Commission européenne et plusieurs autorités judiciaires ont réagi. Elon Musk a finalement restreint la fonctionnalité : désormais, seuls les utilisateurs payants peuvent encore générer des images, et certains filtres ont été ajoutés.
Mais le mal est fait.
Cette affaire illustre brutalement une réalité : l’IA n’est plus seulement un outil de création amusant, elle peut devenir une arme de harcèlement, de vengeance, voire de criminalité sexuelle numérique. Demain, n’importe quel citoyen – un enseignant, un élu local, un policier, un douanier – pourra être victime d’un deepfake humiliant.
Nous entrons dans une ère où la réputation d’une personne peut être détruite par un simple prompt.
🔵 ALERTE N°2 – L’IA « hallucine » toujours autant
Autre enseignement majeur du mois : malgré les progrès spectaculaires, l’intelligence artificielle continue de raconter n’importe quoi avec un aplomb désarmant.
Le journal Le Temps rappelait que 2025 avait déjà été une année d’innovations, mais aussi de désillusions. Les nouveaux chatbots, aussi impressionnants soient-ils, produisent encore des réponses fausses, inventent des sources, mélangent dates et faits historiques.
Cette tendance a même forcé Google à retirer en urgence des résumés médicaux générés par IA après la découverte d’informations dangereusement erronées.
Pour le grand public, la leçon est essentielle :
une IA ne sait pas. Elle calcule des probabilités de phrases plausibles.
Dans le domaine médical, juridique ou administratif, cette limite devient cruciale. S’appuyer aveuglément sur une réponse générée automatiquement peut mener à des erreurs graves. Pour un professionnel du contrôle ou de la sécurité, c’est un rappel salutaire : l’humain reste indispensable.
🟢 ALERTE N°3 – Le monde du travail entre peur et réalité
Les médias se sont interrogés tout au long du mois : l’IA va-t-elle vraiment supprimer des millions d’emplois ?
Les titres se contredisent.
Le Devoir affirme que « très peu de pertes d’emploi sont réellement dues à l’IA ».
À l’inverse, Challenges annonce que « les jeunes diplômés sont en première ligne ».
Morgan Stanley évoque même 200 000 emplois menacés dans le secteur bancaire européen.
Au milieu de ce vacarme, une voix étonnante s’est fait entendre : celle de Dell.
L’entreprise a reconnu publiquement que, contrairement au discours marketing ambiant, « le grand public se détourne de l’IA » et qu’elle embrouille souvent plus qu’elle n’aide.
Ce contraste révèle une vérité plus subtile :
l’IA transforme le travail bien plus qu’elle ne le supprime.
Elle automatise des tâches répétitives, accélère les analyses, rédige des rapports, trie des données. Mais elle crée aussi de nouveaux besoins : experts en vérification, en cybersécurité, en régulation, en éthique numérique.
Pour un agent de terrain – qu’il soit policier, douanier, inspecteur ou enquêteur – l’IA devient surtout un assistant. Pas un remplaçant.
🟣 ALERTE N°4 – Une révolution énergétique silencieuse
Pendant que le grand public s’émerveille des chatbots, un autre sujet prend de l’ampleur : l’impact écologique colossal de l’intelligence artificielle.
Plusieurs alertes concordent.
Sud Ouest annonce que la consommation électrique liée à l’IA pourrait être multipliée par quatre d’ici 2035.
L’Ademe a déjà recensé plus de 352 centres de données en France pour une consommation annuelle de 8,16 TWh.
Derrière chaque requête ChatGPT, chaque image générée, chaque vidéo créée, se cachent des fermes de serveurs gigantesques, gourmandes en électricité et en eau.
Cette face cachée de l’IA commence seulement à émerger dans le débat public. Elle oblige à poser une question dérangeante : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour des réponses instantanées et des images amusantes ?
🟠 ALERTE N°5 – Des progrès spectaculaires en santé
Heureusement, tout n’est pas inquiétant.
Parmi les nouvelles les plus enthousiasmantes du mois, Sciences et Avenir rapporte que deux systèmes d’IA ont réussi à identifier des mutations génétiques responsables de maladies rares. Une avancée impensable il y a quelques années.
D’autres articles évoquent des outils capables de détecter précocement Alzheimer, Parkinson ou certains cancers grâce à des analyses d’images ou de signaux faibles.
Ici, l’IA n’est plus un gadget :
elle devient un véritable partenaire médical.
Pour des millions de patients, ces technologies pourraient signifier des diagnostics plus rapides, des traitements mieux ciblés, et parfois des vies sauvées.
C’est probablement là que l’IA montre son visage le plus utile et le plus humain.
🟤 ALERTE N°6 – L’éducation face à un tsunami
Dans les écoles et les universités, l’IA s’impose à une vitesse vertigineuse.
Le Café pédagogique s’interroge : comment enseigner le français, l’histoire, la dissertation, quand un élève peut faire rédiger son devoir en trente secondes ?
Les enseignants oscillent entre fascination et inquiétude.
Certains élèves affirment déjà que « l’IA explique mieux que certains profs ». D’autres utilisent ChatGPT comme un tuteur personnel disponible 24h/24.
La vraie question n’est plus de savoir s’il faut accepter l’IA à l’école, mais comment l’intégrer intelligemment. Apprendre à raisonner, à vérifier, à critiquer deviendra plus important que jamais.
🟡 ALERTE N°7 – L’IA au service de l’État… avec prudence
Un signal intéressant vient de France Travail.
La Cour des comptes a dressé un bilan plutôt positif de l’usage de l’IA dans le service public de l’emploi, tout en pointant des risques pour les agents et pour la protection des données.
Dans le même temps, l’expérimentation de l’outil « Albert », IA générative interne à l’administration, a été stoppée.
Le message est clair :
l’État avance, mais à petits pas.
Pour les services régaliens – police, douanes, justice – l’IA offre des opportunités immenses : analyse de documents, détection de fraudes, tri de données massives. Mais elle impose aussi une vigilance extrême sur la fiabilité et l’éthique.
🔴 ALERTE N°8 – Quand mille IA créent une civilisation
Parmi les informations les plus fascinantes du mois, Science et Vie raconte une expérience étonnante : des chercheurs ont laissé interagir un millier d’agents IA autonomes dans un monde virtuel.
Résultat : ces intelligences ont développé spontanément des règles, des rôles sociaux, des stratégies collectives… comme une petite civilisation numérique.
Ce type d’expérience ouvre des perspectives vertigineuses : simulation de villes, de crises, de flux migratoires, de comportements économiques.
Pour les décideurs publics et les forces de sécurité, ces « laboratoires virtuels » pourraient devenir des outils d’anticipation majeurs.
🧭 CONCLUSION – Un mois charnière
Janvier 2026 restera comme un mois paradoxal.
Jamais l’IA n’a été aussi puissante, aussi présente, aussi utile.
Jamais elle n’a été aussi inquiétante, aussi contestée, aussi surveillée.
Entre scandales de deepfakes, avancées médicales, craintes pour l’emploi et explosion énergétique, une chose est certaine : nous ne sommes plus spectateurs. Nous sommes désormais acteurs – volontaires ou non – de cette révolution.
Pour le citoyen comme pour le professionnel du contrôle que vous êtes, Michelo, le défi est clair :
-
apprendre à utiliser l’IA sans en être dupe,
-
profiter de ses forces sans oublier ses faiblesses,
-
et surtout conserver ce que l’IA n’aura jamais :
le jugement humain.
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