Alimentation, stress, longévité, technologies : cette première chronique analyse ce que les alertes santé de décembre 2025 disent de notre société.
Santé et bien-être : ce que les alertes de décembre 2025 révèlent de nos fragilités collectives
Santé et bien-être : ce que les alertes de décembre 2025 révèlent de nos fragilités collectives
Quand l’actualité santé devient un miroir de nos angoisses collectives
Décembre 2025 aura été un mois dense pour les thématiques de santé et de bien-être. À travers des dizaines d’articles, d’émissions, d’études et de prises de parole relayées par les médias, se dessine moins un état de la santé objective qu’un état psychologique collectif : fatigue, quête de solutions simples, obsession de la longévité, injonction au mieux-être et recours croissant à la technologie pour “aller mieux”.
Cette chronique ne vise ni à conseiller, ni à prescrire. Elle propose une lecture citoyenne de ces signaux médiatiques, afin de comprendre ce qu’ils disent de nous, de nos peurs et de nos attentes.
L’alimentation comme solution à tout (ou presque)
Une large part des alertes de décembre concerne l’alimentation, présentée tour à tour comme remède, prévention, menace ou miracle.
Les titres se succèdent :
« Oubliez le jus d’orange : un cardiologue révèle le fruit bien plus sain qu’il mange chaque matin » (Top Santé),
« Cet aliment recommandé dans les régimes sains ne serait pas si innocent » (Top Santé),
ou encore « Pourquoi faire la fête est bon pour la santé ? » (Sud Ouest).
Dans ce dernier article, le plaisir alimentaire et festif est validé… à condition d’être collectif, positif et encadré. Le message est révélateur : même le plaisir doit désormais se justifier scientifiquement pour être acceptable.
L’alimentation devient ainsi un langage moral. Bien manger, ce n’est plus seulement se nourrir, c’est prouver que l’on prend soin de soi, que l’on est responsable, informé, discipliné. À l’inverse, le moindre écart est suspect, potentiellement dangereux, parfois même culpabilisant.
Cette inflation de conseils contradictoires nourrit une confusion permanente : manger pour vivre mieux ou manger pour éviter de mal vivre ?

Santé mentale, stress et fatigue collective
Décembre 2025 confirme une tendance lourde : la santé mentale est partout, mais rarement apaisée.
Des alertes comme « La crise du bien-être des salariés en Europe : fini le yoga » (Business AM) ou « Santé mentale : 3 bonnes résolutions à prendre en 2026 » (ELLE) traduisent une lassitude face aux solutions superficielles.
Plus frappant encore, l’article de Notre Temps : « Puis-je me fier à l’IA pour ma santé ? » pose frontalement la question de l’isolement. Peut-on confier son mal-être à une machine quand les professionnels manquent, que les délais s’allongent, et que la parole humaine se raréfie ?
La multiplication des formations en “premiers secours en santé mentale” (Franceinfo) est un autre signal fort : la souffrance psychique devient si fréquente qu’elle doit être prise en charge collectivement, y compris par des non-professionnels.
Ce que racontent ces alertes, ce n’est pas une fragilité individuelle, mais une fatigue systémique.
Le bien-être comme marché, comme injonction, comme norme sociale
Derrière le discours bienveillant, le bien-être est aussi un marché massif.
L’article « Quand l’économie du bien-être redéfinit l’économie de la santé » (Club Patrimoine) rappelle que 60 % des dépenses liées à la santé relèvent déjà du bien-être. Luxe, coaching, applications, équipements, compléments alimentaires : aller bien est devenu une performance… souvent payante.
Dans le même temps, Business AM souligne l’échec relatif des politiques de bien-être en entreprise : malgré les investissements, le malaise persiste.
Le paradoxe est frappant : jamais le bien-être n’a été autant valorisé, et jamais autant de personnes ne se sentent en décalage avec cette norme. Ne pas aller bien devient presque une faute sociale.
Vieillir, durer, optimiser : la longévité en obsession
Vivre longtemps n’a jamais été aussi présent dans l’espace médiatique.
« Vivre jusqu’à 100 ans : les 6 rituels hebdomadaires qui font la différence » (Marie Claire),
« Après 60 ans, bien dormir compte plus que faire du sport » (SeniorActu),
ou encore les portraits de figures comme Bryan Johnson, présenté dans SoSoir comme un homme refusant littéralement de vieillir.
La longévité n’est plus une donnée biologique, elle devient un projet personnel à optimiser. Dormir mieux, manger mieux, bouger mieux, penser mieux… Vieillir devient presque une discipline à part entière.
Mais cette quête pose une question silencieuse : vivre plus longtemps pour quoi faire, et à quel prix mental ?
À force de vouloir repousser les limites, le vieillissement est vécu non comme une étape, mais comme un échec à éviter.
Technologies, IA et nouveaux intermédiaires du “prendre soin”
Enfin, plusieurs alertes marquent une évolution majeure : la technologisation du soin et du bien-être.
« 5 façons dont l’IA a transformé les soins de santé en Europe en 2025 » (Euronews) met en avant le diagnostic prédictif, les assistants numériques et les outils de suivi automatisé.
Dans le même esprit, TF1 Info s’interroge sur les montres connectées présentées comme des “alliées santé”, tandis que d’autres articles alertent sur les dérives possibles : dépendance aux indicateurs, anxiété numérique, auto-diagnostics hasardeux.
L’IA n’est ni un médecin, ni un thérapeute. Elle devient un intermédiaire, parfois rassurant, parfois intrusif, souvent mal compris. Elle promet une santé augmentée, mais pose une question fondamentale : qui interprète les données, et dans quel cadre éthique ?
Ce que révèle cette première chronique
À travers ces alertes de décembre 2025, une constante apparaît :
👉 la santé et le bien-être ne sont plus seulement des enjeux médicaux, mais des faits sociaux totaux.
Ils touchent à l’alimentation, au travail, au vieillissement, à la technologie, au plaisir, à la norme. Cette chronique inaugure une série qui tentera, mois après mois, de relire l’actualité sans céder ni à la peur, ni à l’illusion des solutions miracles.
Cette chronique s’inscrit dans la série Intelligence artificielle, santé et bien-être, publiée par GlobalZone.
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